Vos prières pour ma cheville ! Je comprends, ma chère cheville, que tu puisses agir, en bien ou en mal, sur ma mobilité physique. Mais les conséquences du mauvais traitement médical que tu as subi depuis bientôt onze mois vont bien au-delà : mes idées, mes sentiments et mes émotions s’en trouvent, eux aussi, perturbés.
Est-ce à cause de toi, ma chère cheville ?
Oui et non.
Oui, parce que les douleurs physiques deviennent de plus en plus envahissantes, et même insupportables. Elles ne se limitent plus à toi : elles se répandent dans le pied et remontent le long de la jambe, tantôt aiguës, tantôt diffuses… Sans parler de la mobilité très réduite qui en résulte.
Non, parce que, dans le cas présent, tout cela n’est que la conséquence d’erreurs médicales et de mauvaises manipulations articulaires commises par des professionnels de notre système public de santé qui n’auraient peut-être jamais dû exercer ce métier.
À qui la faute ?
À eux ?
Au malade ?
À ceux qui dirigent le système ?
Ou faut-il chercher la responsabilité ailleurs ?
Kham…
Je fermerai les yeux. Je me boucherai les oreilles.
« Tu n’es pas là pour juger », me soufflent des voix intérieures.
Mais quelles autres voies me reste-t-il ?
Une EVASAN à l’étranger, comme l’appellent les militaires ? Une évacuation sanitaire vers des soins plus adaptés ?
Mes amis et conseillers — médecins de chair comme algorithmiques — sont unanimes : tu dois consulter un chirurgien orthopédiste spécialisé dans le pied et la cheville ou, si nécessaire, un podologue. Ou même les deux à la fois.
Mais comment trouver ces spécialistes dans mon pays ?
Sinon, que puis-je faire d’autre que « quémander » une EVASAN à l’étranger ?
Ma décision est prise : puisque telle semble être la voie du salut, je la revendique haut et fort !
Vos prières pour que ce message tombe entre de bonnes mains.
وليس ذلك على الله بعسير.
Colonel (e.r.) El Boukhary Mohamed Mouemel
Voir moins