Incendies des postes électriques : l’enquête pointe des défaillances au ministère de l’Énergie et à la SOMELEC

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La commission indépendante chargée d’enquêter sur les incendies de deux postes de transformation électrique à Nouakchott a relevé d’importantes défaillances dans la passation des marchés, l’exécution des travaux et le contrôle technique, mettant en cause plusieurs responsables du ministère de l’Énergie et du Pétrole, de la SOMELEC et des entreprises contractantes.

Selon le résumé exécutif du rapport, le ministère de l’Énergie présente des insuffisances dans la supervision administrative, financière et technique du projet. La commission relève notamment l’absence de rapports périodiques documentant l’avancement des travaux, la validation des différentes étapes et le suivi des risques.

Au niveau de la SOMELEC, l’enquête fait état du lancement du projet de trois nouvelles liaisons électriques sans études techniques préalables, de l’attribution d’un marché à une entreprise non qualifiée et du changement de fabricant de câbles sans garanties suffisantes de conformité.

Le rapport distingue les responsabilités de l’ancien directeur général de la société, en fonction d’août 2024 à juin 2025, et de son successeur, en poste depuis juillet 2025. Le premier est cité pour des irrégularités dans le lancement et l’attribution du projet, tandis que le second est mis en cause pour des insuffisances dans le suivi des travaux et la non-application des pénalités de retard.

La commission relève également des manquements dans la réception et la mise sous tension des câbles, effectuée malgré des réserves techniques non levées. Elle souligne notamment l’absence de mesures préventives suffisantes pour sécuriser les deux autres liaisons après le premier incendie.

Concernant les marchés publics, le rapport pointe l’attribution du marché n° 2025/0868 à l’entreprise CTM, malgré la non-qualification de son offre. Cette dernière est également citée pour la livraison de câbles non conformes aux exigences contractuelles et le dépassement des délais prévus.

Le bureau d’études IRAF est, pour sa part, mis en cause pour des insuffisances dans le suivi technique et l’établissement des rapports, ainsi que pour avoir autorisé la mise sous tension malgré les réserves signalées.

Ces conclusions, qui répartissent les responsabilités entre les différentes structures concernées, constituent les constatations de la commission d’enquête et ne représentent pas des décisions de justice.