Kédougou : deux morts dans un éboulement sur un site d’orpaillage clandestin à Gamba-Gamba

Deux personnes ont perdu la vie et trois autres ont été blessées dimanche 8 février dans un éboulement sur un site d’orpaillage clandestin à Gamba-Gamba, dans le sud-est du Sénégal, soulignant les dangers persistants liés à l’exploitation artisanale illégale d’or, alors que des tonnes d’or continuent d’être exportées clandestinement chaque année.

Le drame s’est produit vers 15 heures sur un site d’orpaillage illégal situé à l’ouest du village de Gamba-Gamba, commune de Bembou, département de Saraya, rapportent l’APS et Seneweb. Selon une source sécuritaire, les deux victimes étaient de nationalité étrangère. Les corps ont été évacués à l’hôpital régional de Kédougou, tandis que trois autres personnes légèrement blessées ont été prises en charge.

Des témoins indiquent que plusieurs orpailleurs travaillaient lorsque la terre s’est soudainement effondrée, ensevelissant les victimes. La Brigade régionale des sapeurs-pompiers de Kédougou est intervenue rapidement pour extraire deux corps et trois survivants. Les recherches ont été suspendues en fin de journée et devraient reprendre lundi en raison des conditions difficiles.

Selon la source sécuritaire, l’absence temporaire des forces de défense, mobilisées pour une tournée présidentielle, a favorisé l’afflux d’orpailleurs clandestins sur ce site à haut risque. Ce nouvel accident survient moins de deux semaines après un éboulement similaire à Karakhena, qui avait fait six morts.

Ces incidents interviennent dans un contexte où l’orpaillage clandestin représente un enjeu majeur au Sénégal. Une étude de l’ONG suisse SWISSAID, publiée en octobre 2024, révèle que 36 à 41 tonnes d’or ont été exportées clandestinement du pays entre 2013 et 2022, pour une valeur de 2,38 à 2,71 milliards de dollars. La majorité de cet or provient de l’exploitation artisanale et transite par le Mali avant d’atteindre les Émirats arabes unis, échappant largement au contrôle des autorités sénégalaises.

Ces chiffres soulignent le lien entre les risques humains et la circulation non déclarée de l’or, alors que la production artisanale reste importante mais sous-déclarée, malgré la croissance des mines industrielles et des exportations officielles.