Jeudi 12 mars 2026, une date en noir dans les archives mauritaniennes des droits de l'homme.

En effet, en ce jour est parti, à l'âge de 80 ans, un homme qui a consacré sa vie à la lutte contre l'esclavage, sous toutes ses formes, et pour une Mauritanie égalitaire où chaque citoyen jouit de sa liberté, de ses droits civiques, avec la capacité d'assumer ses responsabilités dans la dignité et à participer à la construction d'un pays démocratique et uni. Je me rappelle de sa réponse à un grand journaliste sénégalais, feu Babakar Touré de Sud-hebdo, qui lui posa une question sur ses choix politiques quant aux communautés en présence en Mauritanie : « la couleur de ma peau n'est pas un programme politique », rétorqua-t-il: pour signifier que la politique n’a rien à voir avec l appartenance ethnique mais plutôt les choix,économique,social, culturel etc….

Sur le plan professionnel, Boubacar Messoud fut un brillant ingénieur architecte. Avant d'intégrer la Fonction publique, il dirigea, avec son ex-épouse, Maria Christina Martinoli un cabinet qui assura la conception de deux œuvres architecturales de l'époque, en l'occurrence le siège de la Caisse nationale de sécurité sociale et la Cité haut standing de SOCOGIM Tevragh-Zeina, pour ne citer que ces réalisations.

Dans le secteur public, Boubacar Messaoud assuma de hautes fonctions administratives, notamment le poste de Directeur général de la SOCOGIM et celui de Directeur des Infrastructures au ministère de l'Equipement puis conseiller du ministre Tous les collaborateurs et cadres supérieurs ayant travaillé avec lui témoignent de sa probité morale, intellectuelle et matérielle ainsi que techniques et professionnelles A ce propos, je citerai le témoignage d’un haut cadre de la Socogim de l'époque, feu Sidamine Ould Ahmed Challa, qui m'avait dit toute l'estime et la considération qu'il avait pour lui, soulignant son intégrité morale et matérielle, ainsi que son honnêteté politique.

Ma première rencontre avec Boubacar eut lieu en janvier 1979, lors du premier Congrès du mouvement El Hor, après sa constitution chez lui au PK 7. Nous avons été cooptés tous les deux, aux côtés d'autres camarades, à la direction du Mouvement au sein duquel nous avons toujours travaillé la main dans la main et vécu toutes les péripéties ensemble, y compris les arrestations, la prison et le procès de Rosso. A la sortie de prison, nous avons continué le travail en semi-clandestins, puisque connus de tout le monde, surtout de la police. Ensuite, nous avons appartenu à la Commission nationale du Volontariat et à ses démembrements, mais pas aux Structures d'éducation des masses. Côte à côte, nous avons coordonné notre activité avec les mouvements dits progressistes dans la préparation du Congrès de l'UTM et celui des étudiants mauritaniens.

C'est avec l'avènement de la démocratie que nos chemins se sont séparés, lui dans un groupe qui avait rejoint le FDUC, et moi dans un autre ayant choisi de participer à la constitution du PRDS. Séparés par une différence de visions, nous sommes restés amis et on se rendait visite dans le respect des bienséances.

Cette photo est l'une de nos dernières rencontres.

En cette douloureuse occasion, je présente mes condoléances les plus profondes et attristées à à tous les mauritaniens en général et singulièrement à ceux épris de paix et de justice ainsi qu’à toute la famille du défunt

Je prie Allah le tout puissant de l accueillir en son saint paradis

Boidiel Ould Houmeid