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Le gouvernement mauritanien prévoit de prendre en charge temporairement une partie des factures d’eau et d’électricité des ménages à faibles revenus et d’engager des mesures de compensation de l’inflation au profit des fonctionnaires et des retraités civils et militaires.
Ces annonces ont été faites samedi par le Premier ministre, Mokhtar Ould Djay, lors de la présentation du programme de politique générale du gouvernement devant l’Assemblée nationale. Les mesures envisagées comprennent notamment des augmentations de salaires et de pensions ou l’octroi d’aides financières temporaires, avec une attention particulière aux catégories disposant de revenus modestes et à la classe moyenne.
Sur le volet salarial, le chef du gouvernement a annoncé l’ouverture prochaine de négociations avec les partenaires sociaux en vue de revaloriser les rémunérations des travailleurs relevant de la convention collective, en tenant compte de l’évolution de l’inflation depuis le début de la guerre.
Il a également promis d’élargir le nombre de bénéficiaires des aides destinées aux personnes handicapées et aux personnes atteintes de maladies chroniques. Une coordination avec la Banque centrale est par ailleurs prévue afin de mobiliser les instruments économiques, financiers et monétaires pour contenir la hausse des prix.
En matière de régulation des marchés, le gouvernement entend maintenir le plafonnement des prix du blé, du riz, du sucre et de l’huile, tout en étendant ce dispositif à la viande. Ould Djay a également annoncé un renforcement de la lutte contre les pratiques spéculatives et les monopoles.
Le mécanisme de fixation des prix des hydrocarbures liquides et gazeux fera également l’objet d’une révision afin de limiter la répercussion des fluctuations internationales sur les consommateurs. Le Premier ministre a indiqué que l’État était disposé à supporter le coût de cette mesure pour préserver le pouvoir d’achat.
Par ailleurs, un vaste programme de forage de puits pastoraux sera lancé dans les zones qui en ont besoin, tandis que le gouvernement veillera à maintenir l’équilibre entre la maîtrise des prix et la continuité de l’approvisionnement du marché.
Justifiant ces interventions, Ould Djay a indiqué que l’indice des prix avait progressé de 7,3 % entre fin janvier et fin septembre. Il a averti que les autorités préparaient leurs dispositifs sur la base d’une possible prolongation de la crise jusqu’à la mi-2027, sans exclure la persistance de ses effets économiques au-delà de cette échéance.
Le Premier ministre a enfin reconnu que l’État ne pouvait prémunir totalement la population contre les conséquences de la crise, tout en assurant que le gouvernement entendait accompagner les citoyens à travers des mesures immédiates et des programmes destinés à produire des effets durables à moyen et long terme.