L’Australien Aura Energy a désigné l’ingénieur mauritanien Mohamed Sid’Ahmed à la tête des opérations de son projet d’uranium Tiris, futur complexe minier implanté dans le nord de la Mauritanie, a fait savoir la compagnie lundi 24 mars dans un communiqué officiel.
Ancien pensionnaire de l’École nationale supérieure des mines de Rabat, Mohamed Sid’Ahmed jouit d’un parcours étoffé dans la conduite de projets miniers d’envergure sur le continent ouest-africain. Avant de rallier les rangs d’Aura Energy, il occupait les fonctions de directeur général des opérations de la mine de lithium de Goulamina, exploitée par Léo Lithium au Mali. Auparavant, son parcours l’a mené aux plus hautes responsabilités au sein de Kinross sur le gisement aurifère de Tasiast ainsi que dans les groupes Teranga Gold Corporation et Endeavour Mining.
Situé dans la région septentrionale du pays, ce projet est destiné à devenir la première exploitation industrielle d’uranium de Mauritanie, dont la mise en service est projetée à l’horizon 2027. Aura Energy précise, par ailleurs, avoir franchi plusieurs étapes techniques décisives, notamment l’achèvement d’études hydrogéologiques approfondies ayant confirmé l’existence de ressources aquifères suffisantes pour soutenir l’ensemble des opérations de la future mine.
Sur le plan du financement, la compagnie minière a fait savoir qu’elle s’emploie à structurer l’architecture financière du projet, en concertation avec une banque publique de développement d’un État occidental. Les pourparlers en cours portent sur un concours financier sous forme d’emprunt susceptible de couvrir jusqu’à 60 % des 230 millions de dollars requis pour l’édification du complexe. La visite d’inspection que cette institution projette sur le site, prévue pour avril 2025, marquera une étape décisive dans le processus d’instruction du dossier.
Aura Energy n’a toutefois pas levé le voile sur les modalités envisagées pour réunir les fonds restants, tout en laissant entendre que ce processus pourrait entraîner un décalage du calendrier initial. La décision finale d’investissement, attendue au départ pour le premier trimestre 2025, pourrait ainsi être repoussée.
Selon la configuration actuelle du projet, la mine Tiris ambitionne de produire annuellement quelque 2 millions de livres d’uranium sur une durée de 25 ans. Des scénarios de développement alternatifs sont également examinés, parmi lesquels figure une production accrue oscillant entre 3 et 4 millions de livres par an sur une durée d’exploitation révisée.
La concrétisation de cette entreprise placerait la Mauritanie au rang des puissances montantes dans la filière uranifère ouest-africaine, à l’heure où l’énergie nucléaire retrouve une place de choix dans les stratégies énergétiques mondiales, et contribuerait à élargir l’éventail de son industrie minière, aujourd’hui dominée par l’or et le minerai de fer