Des hommages aussi vibrants et beaux les uns que les autres, faits à la suite du décès de la légende et pacifique défenseur des droits de l’homme en général et de l’esclavage en particulier, en l’occurrence le président de SOS-Esclaves feu Boubacar Ould Messaoud, continuent d’inonder les réseaux sociaux.
Ahmed Ould Khattry, vient de publier un qui ne laisse pas indifférent, en raison de sa pertinence et sa fidélité pour présenter un portrait digne de cette icone qui a marqué la lutte engagée et sincère, refusant d’en faire un fonds de commerce et de s’aliener pour une cause qu’il a défendue avec courage, patience et fermeté jusqu’au dernier soupir.
Ci-après l’hommage touchant de Khattry :
Il est des hommes dont la disparition n’est pas seulement la perte d’une personne.
C’est la disparition d’une conscience.
C’est le silence d’une voix qui refusait l’injustice.
C’est une page de l’histoire morale d’un pays qui se tourne.
Aujourd’hui, la Mauritanie pleure l’un de ces hommes.
Un militant anti-esclavage courageux.
Un défenseur infatigable des droits humains.
Un homme qui n’a jamais marchandé sa conscience.
Il n’a jamais choisi la facilité.
Il a choisi la justice.
Il n’a jamais choisi le bruit des tribunes populistes.
Il a choisi la dignité du combat sincère.
Il n’a jamais choisi la division des Mauritaniens.
Il a choisi l’unité de notre nation.
Architecte et ingénieur compétent, il fut aussi un bâtisseur de conscience.
Directeur général de la puissante SOCGIM, il aurait pu choisir la tranquillité du pouvoir et les privilèges du silence.
Mais il a choisi l’honneur.
En 1990, lorsqu’avec quelques cadres courageux il signa la lettre ouverte appelant à l’instauration de la démocratie, il savait ce que cela lui coûterait.
Et cela lui coûta son poste.
Il perdit une fonction.
Mais il gagna l’estime de l’histoire.
Sa vie fut marquée par trois qualités rares :
la sobriété dans la vie,
la droiture dans les principes,
et le courage dans les positions.
Jamais il ne chercha à salir son pays à l’étranger pour exister politiquement, comme certains ont choisi de le faire.
Il croyait profondément que les blessures d’une nation doivent être guéries par ses propres enfants, dans la dignité et la responsabilité.
Il dénonçait l’injustice, oui.
Mais il refusait la haine.
Il combattait l’oppression, oui.
Mais il rejetait la division.
Il croyait en une Mauritanie réconciliée avec elle-même, où toutes ses composantes vivent dans la justice, la dignité et le respect mutuel.
À son épouse bien-aimée, notre sœur Malouma,
à sa famille,
à ses compagnons de lutte de SOS-Esclaves,
aux opprimés qu’il a défendus toute sa vie,
et à toute la Mauritanie,
j’adresse mes condoléances les plus attristées.
Les hommes passent.
Les valeurs demeurent.
Et les nations se construisent grâce à ces consciences droites qui refusent de se taire face à l’injustice.
Qu’Allah, le Tout-Puissant, l’entoure de Sa miséricorde,
l’accueille dans Son vaste paradis
et accorde patience et réconfort à ses proches.
La Mauritanie perd aujourd’hui un homme.
Mais elle gagne un exemple.
Un exemple de courage.
Un exemple d’intégrité.
Un exemple d’amour sincère pour la patrie.
Et les exemples, eux, ne meurent jamais.
AHMED KHATTRY